En Algérie, nouveau vendredi de mobilisation contre le pouvoir

En Algérie, nouveau vendredi de mobilisation contre le pouvoir

Les Algériens sont descendus dans la rue vendredi pour la 25e semaine consécutive, appelant à la « désobéissance civile » et rejetant le dialogue proposé par le pouvoir.

En Algérie, les manifestants ne lâchent rien. Pour le 25e vendredi consécutif, les Algériens se sont mobilisés ce 9 août en nombre dans la rue, appelant à la « désobéissance civile » et rejetant le dialogue proposé par le pouvoir pour mettre fin à la crise politique.

Au milieu d’un important déploiement policier, des manifestants ont afflué dans le centre d’Alger après la grande prière du vendredi et défilé jusqu’à la Grande Poste, épicentre de la contestation qui a abouti à la démission de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril après 20 ans passés au pouvoir.

Impossible à évaluer en l’absence de comptage officiel, la mobilisation est restée importante, sous un soleil de plomb, en ce début de long week-end et à deux jours de la célébration de l’Aïd al-Adha.

« Soit nous, soit vous, on n’arrêtera pas », « État civil, pas militaire », « La désobéissance civile est en route », ont scandé les manifestants pour appeler les dirigeants proches d’Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir.

Les protestataires ont également conspué Karim Younes, le coordonnateur de l’Instance nationale de dialogue et de médiation, formée par le président par intérim Abdelkader Bensalah pour mener des consultations sur les modalités de la future présidentielle. Cette instance est contestée par les protestataires et plusieurs personnalités ont refusé de la rejoindre.

« Le pouvoir va finir par nous écouter »

Prévue initialement le 4 juillet à l’expiration de la période d’intérim prévue par la Constitution pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, la présidentielle n’a pu être organisée, faute de candidats. Et Abdelkader Bensalah est toujours en poste.

Mercredi, l‘Instance nationale s’est réunie pour la première fois pour discuter avec des personnes présentées comme des militants de la contestation. La majorité des intervenants ont jugé que la présidentielle devait se tenir rapidement et sans intervention du gouvernement de Noureddine Bedoui, accusé d’être un « représentant de la fraude ».

Le mouvement de contestation réclame le départ de tous les anciens proches d’Abdelaziz Bouteflika avant une élection. « Pas de dialogue avec les gangs », ont scandé les manifestants.

« Le pouvoir va finir par nous écouter et répondre à nos revendications qui sont très simples : le départ des figures du système de Bouteflika. On ne peut pas organiser des élections avec les fraudeurs qui lui ont permis de rester 20 ans au pouvoir », a déclaré Hassan, un fonctionnaire de 57 ans.

En fin d’après-midi, les manifestants se sont dispersés dans le calme et il n’y a pas eu d’arrestations. Comme ces dernières semaines, de nombreux véhicules de police ont été garés à Alger des deux côtés des principaux axes du centre-ville empruntés par le cortège.

Des revendications « satisfaites » selon l’armée

Jeudi, le chef d’état-major de l’armée et véritable homme fort du pays, le général Ahmed Gaïd Salah, a jugé que les revendications « fondamentales » du mouvement de contestation avaient été satisfaites, ajoutant que l’objectif était désormais la présidentielle.

« Ils disent que les revendications du mouvement de contestation ont été satisfaites, moi je n’ai rien vu. On a demandé le départ du gouvernement et il est toujours là, on a demandé le départ de Bensalah et on lui a prolongé son mandat », s’est indignée Naïma, une employée de banque de 34 ans.

L’armée a refusé de mettre en place les « mesures d’apaisement » prônées par l’Instance de dialogue pour favoriser les discussions avec la contestation. Ces mesures incluaient entre autres la libération des personnes arrêtées en lien avec les manifestations et l’allègement des fouilles et du dispositif policier les jours de protestations.

Depuis le 22 février, le pays est secoué par un mouvement de contestation, marqué par des rassemblements hebdomadaires protestant au départ contre un nouveau mandat de M. Bouteflika puis, après sa démission, exigeant le départ de ses anciens fidèles encore au pouvoir.

« Vous entendez des appels à la désobéissance civile, peut-être que c’est difficile à concrétiser, mais pour moi on déjà en plein dedans depuis presque 6 mois », a estimé Naïma.

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