L’Autorité palestinienne annonce qu’elle ne respectera plus les accords avec Israël

L’Autorité palestinienne annonce qu’elle ne respectera plus les accords avec Israël

Mahmoud Abbas a annoncé, jeudi, que l’Autorité palestinienne cesserait de respecter les accords avec Israël. Si cette menace, qui n’est pas inédite, était mise en œuvre, cela pourrait avoir des conséquences sur la sécurité en Cisjordanie.

Sur fond de tensions accrues, le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé, jeudi 25 juillet, à Ramallah, que l’Autorité palestinienne cesserait de respecter les accords avec Israël, ainsi que la mise en place d’un comité chargé d’étudier les moyens pour mettre en œuvre cette décision.

Pour Times of Israel, il est « difficile de dire si ces déclarations indiquent un changement significatif de politique”, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que le président de l’Autorité palestinienne brandit cette menace.

Mahmoud Abbas “a fait des déclarations similaires dans le passé sans les appliquer”, note ainsi le journal israélien Haaretz.  En 2015, lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, il avait notamment déclaré que l’Autorité palestinienne ne serait plus liée par des accords avec l’État hébreu.

D’autres responsables palestiniens ont également, par le passé, formulé la même menace mais une annulation pure et simple des accords avec Israël ne s’est jusqu’à présent jamais concrétisée.

Quelles conséquences ?

Israéliens et Palestiniens sont liés par des accords bilatéraux dans des domaines allant de la gestion de l’eau à la sécurité.

Si les Palestiniens cessent d’appliquer ces accords, cela pourrait avoir des conséquences notamment sur la sécurité en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

La coopération entre services de sécurité palestiniens et israéliens passe pour avoir permis de déjouer des dizaines d’attentats anti-israéliens. Les Israéliens assurent que l’Autorité palestinienne y trouve son compte avec le maintien de la stabilité.

Bras de fer

Les relations entre le gouvernement d’Abbas, basé en Cisjordanie occupée, et les autorités israéliennes se sont dégradées au cours des derniers mois.

Cette semaine, Mahmoud Abbas a condamné les démolitions de logements de Palestiniens par Israël au sud de Jérusalem, estimant qu’elles constituaient une « dangereuse escalade contre le peuple palestinien sans défense ».

Ces destructions « peuvent seulement être qualifiées de nettoyage ethnique et de crime contre l’humanité », a dénoncé jeudi Mahmoud Abbas.

Les États-Unis ont bloqué mercredi une tentative du Koweit, de l’Indonésie et de l’Afrique du Sud de faire condamner ces démolitions par l’ONU.

Le bras de fer est aussi financier. En février, Israël avait annoncé le blocage de 500 millions de shekels (122 millions d’euros) sur le montant total reversé à l’Autorité palestinienne au titre de la TVA et des droits de douane prélevés par l’État hébreu sur les produits importés par les Palestiniens.

Cette sanction avait été imposée en réponse au versement par l’Autorité palestinienne d’allocations aux familles de Palestiniens emprisonnés ou tués pour avoir commis des attaques anti-israéliennes.

Les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens autour de la solution dite à deux États coexistant l’un à côté de l’autre sont au point mort.

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