RDC: à Beni, une population plus préoccupée par l’insécurité que par Ebola

RDC: à Beni, une population plus préoccupée par l’insécurité que par Ebola

L’épidémie d’Ebola continue à tuer dans l’est de la RDC et particulièrement à Beni. A plusieurs endroits, les équipes de la riposte font face à une résistance communautaire de la population qui semble plus préoccupée par les attaques des combattants ougandais ADF-Nalu que par le virus Ebola.

Nene est commerçante. Elle achète ses marchandises à Kasindi, la frontière avec l’Ouganda, et les vend à Beni. Comme ses autres amies, Nene ne comprend pas pourquoi l’attention est davantage mise sur l’épidémie d’Ebola que sur les tueries dans le territoire de Beni.

« Si seulement vous suiviez les attaques des ADF-Nalu à la loupe, comme vous le faites pour Ebola, nous serions déjà sécurisés depuis longtemps », a-t-elle fait remarquer.

A côté d’elle, Jeannette qui vend des chaussures, s’apprête à embarquer pour Kasindi. Egalement exaspérée par les attaques des combattants ADF, elle pense qu’il y a un business autour de l’épidémie d’Ebola.

« Pourquoi vous ne vous préoccupez que d’Ebola ? Nous avons appris que vous gagnez beaucoup d’argent avec cela. C’est pour cela que cela vous intéresse. Pourquoi vous ne nous aidez pas ? On nous tue avec les balles et vous également, vous nous tuez avec cette maladie », s’insurge-t-elle.

A dix minutes d’ici, au marché central de Beni, Natacha ne comprend pas non plus pourquoi l’épidémie d’Ebola n’est toujours pas maitrisée. « L’épidémie ne peut pas durer un an ou deux ans. Nous en avons vraiment assez. Ils ont beaucoup de questions là-dessus », se dit-elle.

Près d’elle, Naomi a un message à transmettre au Chef de l’Etat. « Tshisekedi qui est arrivé, doit nous aider. Nous n’avons pas encore pris la mesure de son action. Nous sommes fatigués », constate-t-elle.

Le déficit de confiance vis-à-vis des acteurs de la riposte et vis-à-vis des autorités du pays, est aujourd’hui l’un des plus grands défis à relever pour parvenir à mettre fin à cette épidémie, clament également les experts du ministère de la santé.

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